À l'écoute du sculpteur :
Le sacrifice de l'architecture moderne, d'après interview de J.-J. Chaux et J.-F. Sans (1988).
— sculpteur —
À l'écoute du sculpteur :
Le sacrifice de l'architecture moderne, d'après interview de J.-J. Chaux et J.-F. Sans (1988).
Le prix de Rome avait été créé par Colbert exactement pour cela : offrir à la France un ensemble d'architectes, peintres et sculpteurs capables de mener à bien les programmes complexes réunissant ces trois arts.
Jusqu'à 1968 date de sa suppression par Malraux, l'ENSBA envoyait chaque année à la villa Médicis les lauréats du concours qui parachevait leur cursus. Pour un sculpteur, ce titre constituait la voie royale pour répondre aux commandes d'État.
En voici une petite sélection, beaucoup d'entre elles n'étant pas encore documentées.
1926-1927 Christ en grès des Vosges (haut. 5,5 m), façade de l'église de Sailly-saillisel (Somme), architecte Jacquet : première Oeuvre monumentale.
Terre glaise d'une première version de la vierge du Carmel.
1928 Vierge à l'enfant en pierre de Sienne (haut. 2 mètres), pour la façade du Carmel de Montmartre.
1929-1933 : monument à Simon Bolivar à Quito en Equateur, avec Jacques Zwobada.
Esquisses préparatoires et le grand fusain lauréat du concours. René travaillant à la glaise de la statue équestre, puis photos du plâtre de la maquette au quart et des 2 bas-reliefs latéraux en glaise. Au centre moulage de la statue équestre, à droite Jacques Zwobada et René assis. Le bronze à la fonderie coopérative de Paris, puis in situ à Quito. Le tennisman Henri Cochet pose pour la tête de Bolivar.
Ce monument, en bronze, mesure 10,6m de hauteur par 12,6m de longueur.
À l'écoute du sculpteur :
Commande du monument de Simon Bolivar, d'après interview de J.-J. Chaux et J.-F. Sans (1988).
1934 Haut-relief en ciment-pierre (3 x 4 m), porte d'Ivry à Paris; architecte Crevel.
Après les habituelles études dessinées, René faisait toujours de petites esquisses en plâtre parfois suivies d'études plus abouties, avant de passer à l'exécution grandeur. Ici avec de la glaise, matériau de base du modelage, et technique fondamentale de l'apprentissage de la sculpture.
La terre glaise se recycle à l'infini, mais les sculptures ainsi élaborées ne peuvent se conserver étant donné que sa mollesse impose la présence d'une armature qui ne fera pas de retrait au séchage contrairement à elle. Il faut donc la mouler pour en tirer un plâtre qui lui se conservera. Pour ses premières commandes importantes (théâtre de Suresnes, hôpital de Niort) René taillera sa pierre à partir d'un modèle en plâtre, comme le fit Jeanniot avec les bas-reliefs du palais de la Porte Dorée. Mais ensuite il se contentera de dessins ou d'une petite maquette d'étude.
1935 : Des bas-reliefs pour des groupes scolaire à Suresnes.
Bas-reliefs de 1,3 x 7,35 mètre chaque et trois masques, en pierre de Chauvigny, façade du Théâtre Jean-Vilar de Suresnes; architecte Maistrasse dont le buste réalisé par René est exposé au Musée de Suresnes.
1935 Le tabac, bas-relief en travertin romain, angle Quai d'Orsay-rue Nicot; architecte Leconte.
1935 Haut-relief en pierre (haut. 4m, larg. 8m), architecte Laborie. L'exigence du Dr Renon, directeur de l'hôpital de Niort, fit que René Letourneur, insatisfait de son travail, le reprit en 1954.
Une des rares fois, avec la figure des « arts » du lycée de Saint-Germain, où René utilisera la mise au point pour l'exécution de la pierre à partir de ses modèles en plâtre (cf. conférence de Jean Letourneur).
1939 Monument à Jean Jaurès pour la salle des Etats à Albi (Tarn), comprenant un buste de Jean Jaurès en plâtre (musée des années 30 de Boulogne-Billancourt) réalisé en pierre (haut. 93 cm) et deux bas-reliefs en pierre (1,6 x 1,35 m), architecte Laborie.
1943 Annonciation, bas-relief pour la chapelle de l'hôpital d'Albi, architecte Laborie.
1948 La Somme, en pierre de Vaurion taille directe (long. 3,4 m) pour Abbeville.
1949-1950 : Aurore ou Aube, statue accroupie, pierre d'Euville taille directe (115 x 80 x 80 cm) pour le parc de Sceaux (Hauts-de-Seine).
Dessin et plâtre préparatoires, sculpture restaurée in situ.
1951-1953 : Le crépuscule, pierre d'Euville taille directe directe (115 x 80 x 80 cm) pour le parc de Sceaux (Hauts-de-Seine).
Croquis préparatoire, bronze et marbre de Serravezza 24 x 19 x 23,5 cm, sculpture in situ.
Dernière vue : bronze de « Harmonie II » dans la cour des écuries du château.
1950-1952 L'automne et L'hiver en pierre d'Euville (haut. 2,3 m), façade de l'immeuble E.D.F. d'Amiens (Somme), architecte Saltet.
1953-1954 Monument aux Morts de la ville d'Alençon comprenant une Victoire ailée en bronze (haut. 2m, fondeur Georges Rudier, poids : 800 kg) sur un socle en forme de glaive (haut. 10 m, structure Albert Caquot) et dans l'hémicycle qui l'entoure, quatre bas-reliefs 1,64 x 0,7 m chaque en pierre d'Euville taille directe symbolisant les victimes de la guerre de 1914-1918, de la guerre 1939-1940, les victimes de la déportation et les victimes civiles. Architecte Hourlier.
Titre des sculptures : « La Litttérature et les Arts ».
1953-1957 Deux statues en pierre d'Euville (haut.2,3 m) pour le lycée de Saint-Germain en Laye, architecte Hourlier.
Statue (Notre-Dame de Victoire, pierre d'Euville (haut. 3,5 m), façade de l'église Saint-Louis à Lorient.
Dernière vue : René devant l'église de Hourlier.
1955 Série de 14 plaques de pierres gravées polychromées spécialement conçues pour le chemin de croix de l'église Saint- Louis à Lorient.
1955 : Le pur-sang, bas-relief en pierre taille directe, pour le haras de Guy de Rothschild à Pont-l'Evêque, Calvados.
1955 : Bas-relief, pierre de Chauvigny (2 x 4 m), pour un groupe scolaire à Honfleur (Calvados), architecte Bertrand.
École détruite, sculpture déplacée en 2019 grâce à l'énergie de Françoise Edmonde Morin.
Titre de la sculpture : « Les Quatre Éléments ».
1956 Ronde enfantine: fresque en cimentolithe, façade d'école à Laigle; architecte Laborie.
Les heures, cinq bas-reliefs taille directe pour un autre groupe scolaire de Laigle.
À l'écoute du sculpteur :
Prétendre faire de la sculpture (France Culture, août 1985).
1958 La Vème République en bronze (haut. 2,3 m) hôtel de ville de Lorient; architecte Hourlier..
Par ordre : croquis et plâtre préparatoire puis plâtre original patiné (mairie de Fontenay-aux-Roses) et le bronze dans la salle des mariages de l'hôtel de ville de Lorient.
1958 : Hygie, ciment pierre (haut. 3,5 m) Institut de stomatologie, faculté de Médecine de Lille; architecte Walter-Cassan.
1957-1959 : Poséidon, haut-relief en bronze (5,5 x 4,5 m) façade de l'hôtel de ville de Lorient, architecte Hourlier.
Modèle en terre glaise sur sa « planche à clous » au fond de l'atelier. En haut sont repliés les tissus qu'il fallait mouiller chaque jour pour que la terre ne sèche pas. De chaque côté les barreaux de l'échafaudage où se posaient les planches, et en bas à droite le bac à terre contenant les 12 tonnes de glaise ayant servi pour monter le Bolivar.
1957-1959 Deux hauts-reliefs en pierre d'Euville taille directe (haut. 12 m), façade d'entrée du lycée Gambetta à Arras, architectes Feuillastre et Horn.
À l'écoute du sculpteur :
Le lycée de jeunes filles d'Arras (France Culture, août 1985).
1959-1960 Deux bas-reliefs en bronze (1,8 x 1,5 m et 1,8 x 1 m), façade l'immeuble de la Caisse d'Epargne de Lorient; architecte Hourlier.
Titre gravé sur le bandeau inférieur de la sculpture : « Le travail de l'homme donne vie à la matière ».
1960-1961 Bas-relief en pierre (2,5 x 7 m), lycée Bernard-Palissy, Gien.
1961-1962 Hermès, ciment-pierre (haut. 3,5 m), façade de la résidence universitaire, faculté de médecine de Lille; architecte Cassan.
1963-1964 Mère et enfant, pierre, pour l'école La Roue à Fontenay-aux-Roses ; architecte Y. Boiret.
À l'écoute du sculpteur :
Sculpter pour la société (France Culture, août 1985).
1966 Groupe en bronze pour le lycée Alain, à Alençon, architecte L. Reme.
1965 : Figures du Pecq. Si elles étaient debout, elles feraient presque 6m. Il faut remonter à l'Antiquité pour trouver des œuvres monumentales de cette importance.
Informations complémentaires : conférence de Jean Letourneur.
À l'écoute du sculpteur :
Les figures du pont du Pecq... un savoir italien (France Culture, août 1985).
1969 René emploie une nouvelle technique au ciment et à la limaille de bronze pour Orphée (haut. 4m) pour le lycée de Livry-Gargan. Architecte Catelain.
À l'écoute du sculpteur :
Des êtres brillants qui jouent (France Culture, août 1985).
1970-1971 Jeune fille, pierre taille directe (haut. 2,1 m) pour le groupe scolaire Point du Jour à Alençon.
1970-1971 Haut-relief en pierre pour le groupe scolaire Jean Jaurès à Poissy, architectes : Sogorb et Poulain.
Figure bloquée dans la veine de celle de Sceaux, qui préfigure les marbres de la dernière période.